La programmation culturelle sous l'occupation à  Bruxelles

Ce travail brosse un panorama de l’activité théâtrale et musicale à Bruxelles sous l’occupation allemande de 14-18. Il s’intéresse à la proposition artistique des salles de spectacles, aux motivations et au contexte de la programmation, en tentant de répondre à plusieurs questions. En quoi la programmation de certains lieux de divertissement traduit-elle une image positive ou négative de l'occupant ? Sa représentation varie-t-elle en fonction du médium ? Du public visé ? Comment la critique point-elle ? Recourrait-on à la langue ésopique ? Y a t-il seulement un sous-texte contre l'occupant ? Par le biais de différentes analyses historico-culturelles, ce travail met la lumière sur certains aspects de la vie quotidienne des Bruxellois.
Notre projet consiste en la réalisation d’une publication spéciale dédiée à la vie culturelle bruxelloise en 14-18. Etant donné que nous avons travaillé sur différents types de représentation, nous avons choisi d’intituler notre numéro « le strapontin », car ce fauteuil se retrouve habituellement dans les lieux de spectacle. Notre magazine, volontairement contemporain, compte 42 pages et s'articule autour de quatre grandes thématiques. La première se focalise sur les arts musicaux et s’intéresse plus en détail à l’opéra, l’opérette et aux concerts. La seconde se centre sur les revues. La troisième propose une réflexion autour des cinémas et la dernière est consacrée au théâtre. Des contributions artistiques des élèves de AI5D constituent les principales illustrations de la revue. Aussi les articles rédigés par les élèves résonnent, entre autres, avec des pochoirs évoquant les arts de la scène. L’une de nos questions de recherche étant de mesurer le degré de « propagande » ou de « résistance » des œuvres jouées, nous avons décidé, suite à l’affaire Charlie, de réfléchir plus avant à la liberté d’expression, d’hier et d’aujourd’hui. Aussi, les élèves ont-ils produit une série de caricatures et de collages sur le sujet qui vient rythmer les pages de notre magazine.
Nous avons travaillé avec des sources primaires, secondaires et tertiares. Le hasard et la fantaisie ne sont pas absents de nos investigations. Aussi, ce travail bénéficie des résultats aléatoires des moteurs de recherches contemporains qui nous ont mené tant vers « you tube » que les « archives Sonuma ». Sans grande surprise, nous avons bien sûr été dirigés vers « Wikipédia », mais aussi vers « ars-bxl », le site du Goethe Institut et bien d’autres. Néanmoins, nous avons principalement consulté les Archives du Musée de la Littérature (de la bibliothèque royale). Notre étude se base donc essentiellement sur des coupures de presse et des programmes de théâtre. Dans ce fonds, un ouvrage nous a particulièrement intéressé : Renieu Lionel, Histoire des théâtres de Bruxelles, depuis leur origine jusqu’à ce jour, T. I et T. II, Editions Culture et Civilisation, Bruxelles, 1974, 1219 p. Ce passionné d’art a écrit son livre sur base de la collection de programmes qui se trouve dans les caves des AML. Ces deux tomes nous ont donc permis d’avoir une vision d’ensemble sur les arts de la scène bruxellois pendant la première guerre mondiale. Par ailleurs, notre travail profite des recherches menées par l’historien Adrien Leleu, publiées sur le site de la rtbf sous le titre « Vivre et se divertir malgré la guerre et l’occupation ». Etant donné que nos objets de recherche étaient très proches, nous avons invité Mr Leleu à l’école. Il y donna deux conférences, suivies d’une interview. Outre ce site et cette rencontre, notre travail s’appuie aussi sur des sources primaires en ligne, comme le Recueil d’arrêtés du gouvernement allemand en Belgique occupée (1917), les Mémoires de Brand Whitlock (1919) et certains documents choisis des Archives de la Ville de Bruxelles et diffusés sous l’onglet « divertissements » du site « Bruxelles occupée 14-18 » Plus loin, ce travail se base sur des éditions universitaires, soit en ligne comme des publications en ligne de la FUNDP ou de « academia.edu », soit imprimées comme les Cahiers du Gram (1998, 2003, 2010) ou les Cahiers de la Fonderie (2005). Enfin, notre recherche prend appui sur le catalogue de l’exposition « 14-18, notre histoire », sur des dossiers pédagogiques dont celui du Musée royal de l’armée et de l’histoire militaire (en ligne) ou celui édité par la Fédération Wallonie-Bruxelles (2014), et tout simplement sur notre manuel d’histoire (Construire l’histoire, T III).